Une parole du Coran affirme : « Dieu ne per­met­tra pas aux mécréants de l’empor­ter sur les croyants » (4/141). A par­tir de cette parole, et d’autres (2/221 ; 60/10), le droit musul­man a clai­re­ment régle­menté les con­di­tions du mariage. Ainsi, selon le droit sun­nite, un musul­man peut épou­ser une non-musul­mane juive ou chré­tienne (ce que le droit chiite inter­dit). Mais il est inter­dit à un non-musul­man juif ou chré­tien d’épou­ser une musul­mane. Pour ce faire, il doit préa­la­ble­ment se con­ver­tir à l’islam[1].

Cela est vrai en Suisse[2] (et par­tout dans le monde). Cha­que com­mu­nauté reli­gieuse peut déci­der des cri­tè­res et res­tric­tions de mariage. Mais il n’est pas accep­ta­ble qu’une lente isla­mi­sa­tion de la Suisse (et de l’Europe) s’opère par ce droit de la famille dis­cri­mi­na­toire.

Ques­tion : Cer­tains imams (tel Soheib Ben­cheikh) sont prêts à réin­ter­pré­ter la tra­di­tion musul­mane dans un sens non-dis­cri­mi­na­toire. Selon eux, un non-musul­man peut épou­ser une musul­mane -sans être poussé à la con­ver­sion- s’il res­pecte la foi de son épouse. Quel est le dis­cours actuel dans les Cen­tres isla­mi­ques de Suisse ?

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» II. Les tex­tes dif­fi­ci­les de l’islam, con­clu­sion

Notes

[1] Sur tout ce sujet (ainsi que sur celui du droit de la famille, des maria­ges tem­po­rai­res, etc.) cf. notam­ment de Sami Aldeeb, Les musul­mans en Occi­dent entre droits et devoirs, Paris, L’Har­mat­tan, 2001, p. 152-185.

[2] Dans mon minis­tère de pas­teur, j’ai ren­con­tré de nom­breux chré­tiens pres­sés à se con­ver­tir à l’islam pour pou­voir se marier. Et je les ai tou­jours sti­mu­lés à refu­ser cette pres­sion et à gar­der leur con­vic­tion. En évo­quant ces dif­fi­cul­tés pas­to­ra­les avec un res­pon­sa­ble musul­man, sa réponse a été que je n’avais pas à m’immis­cer dans la tra­di­tion musul­mane et que je devais « la res­pec­ter ». Ma réponse, c’est que dans le cas pré­cis, c’est la tra­di­tion musul­mane qui s’immisce dans une autre tra­di­tion (en l’occur­rence la mienne) et que je ne peux pas res­pec­ter dans la tra­di­tion de l’autre ce qui est irres­pec­tueux de l’autre. L’expé­rience, par le passé, d’une lente con­ver­sion notam­ment de pro­tes­tants au catho­li­cisme par cette voie des cou­ples et des famil­les, rend atten­tif à ne pas repro­duire cela aujourd’hui.