Un autre hadîth est par­fois cité : « Le Pro­phète Moham­med a dit : L’islam domine et ne sera pas dominé »[1]. Dans la plu­part des pays où les musul­mans sont deve­nus majo­ri­tai­res, il est le plus sou­vent très dif­fi­cile à des non-musul­mans d’accé­der à des posi­tions de pou­voir (cf. par exem­ple les Cop­tes en Egypte)[2].

La situa­tion des « dhim­mis » (lit­té­ra­le­ment des « pro­té­gés ») comme citoyens de seconde zone est incom­pa­ti­ble avec une vision moderne de la démo­cra­tie[3].

Ques­tion : Les musul­mans sont-ils prêts à reje­ter tous ces tex­tes sur la dhim­mi­tude ?

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» II.8. Maria­ges inter­re­li­gieux

Notes

[1] Cf. Alexan­dre Del Valle, Le tota­li­ta­risme isla­miste à l’assaut des démo­cra­ties, Paris, Edi­tions des Scyr­tes, 2002, p. 69s. Sami Aldeeb Abu-Sah­lieh rap­pelle cette réa­lité : « La coha­bi­ta­tion entre musul­mans et Gens du Livre se fait cepen­dant non pas d’égal à égal, mais de domi­nant à dominé, les Gens du Livre devant s’acquit­ter d’un tri­but (jizyah), en état d’humi­lité ([Coran] 9 :29), et se sou­met­tre à cer­tai­nes nor­mes dis­cri­mi­na­toi­res, notam­ment en matière de droit de la famille. Ainsi par exem­ple les musul­mans pour­ront pren­dre les fem­mes des Gens du Livre, mais ceux ne pour­ront pas pren­dre les fem­mes des musul­mans (2.221 ; 5 :5 ; 60 :10). Ils seront appe­lés les dhim­mis, les pro­té­gés des musul­mans, mais ces der­niers devront obser­ver à leur égard une méfiance cons­tante, même s’ils avaient avec eux des liens de parenté (…). Cela ne doit pas exclure des rap­ports basés sur la jus­tice sauf cas d’hos­ti­lité (…) » (Les musul­mans en Occi­dent entre droits et devoirs, Paris, L’Har­mat­tan, 2001, p.23).

[2] Sur ce sujet, cf. de Jean-Pierre Valo­gnes, Vie et mort des chré­tiens d’Orient. Des ori­gi­nes à nos jours, Paris, Fayard, 1994. Cf. aussi les livres bien docu­men­tés de Bath Yeor (par ex. Juifs et chré­tiens sous l’islam. Les dhim­mis face au défi inté­griste, Berg Inter­na­tio­nal 1994 ; Islam and Dhim­mi­tude. Where Civi­li­za­tions Col­lide, Lan­cas­ter, Fair­leigh Dickin­son Uni­ver­sity Press) où elle mon­tre la dif­fi­cile situa­tion des juifs et des chré­tiens sous la domi­na­tion musul­mane.

[3] Comme le résu­ment Janine Sour­del et Domi­ni­que Sour­del dans Dic­tion­naire his­to­ri­que de l’islam, Paris, Qua­drige/PUF, 2004 dans l’arti­cle « dhimmi » : « Dimmi, terme arabe dési­gnant en vertu du con­trat de pro­tec­tion ou dhimma qui leur était accordé, les non-musul­mans appe­lés à vivre en ter­ri­toire d’islam dans une situa­tion d’infé­rio­rité juri­di­que et finan­cière. Il s’agis­sait en fait de « tri­bu­tai­res » sou­mis aux règles d’un sta­tut légal con­trai­gnant, qui fut plus ou moins rigou­reu­se­ment appli­qué selon les lieux et les épo­ques mais qui ne cessa d’entraî­ner de nom­breu­ses et cons­tan­tes con­ver­sions » (p. 244). Très cer­tai­ne­ment, la situa­tion des « dhim­mis » juifs et chré­tiens en « terre d’islam » était, dans le passé, pré­fé­ra­ble à cel­les des juifs et musul­mans en « terre chré­tienne ». Mais con­ti­nuer à appli­quer cette dis­cri­mi­na­tion aujourd’hui est inac­cep­ta­ble.