Dans la très belle prière de la Fatiha (Sourate 1), il est affirmé : « Dirige-nous dans la bonne voie : la voie de ceux que tu as favorisés de tes bienfaits, non de ceux qui ont démérité de ta grâce et des égarés».
Cette prière est récitée 17 fois par jour par des centaines de millions de musulmans. Sur le plan mondial, c’est certainement le texte le plus souvent récité quotidiennement. Or le cheikh Boubakeur reconnaît que : « Tous les commentateurs affirment que par « ceux qui ont démérité de ta grâce » il faut entendre les Juifs et par « égarés » les chrétiens »[1].
Si ces commentaires continuent d’être validés, cela veut dire que les musulmans du monde entier (et donc de Suisse) sont encouragés à regarder tous les juifs et les chrétiens, non seulement du passé, mais aussi d’aujourd’hui, et de demain comme des personnes ayant « démérité » de la grâce de Dieu et des « égarés ». Chaque tradition religieuse a bien sûr le droit de développer sa propre compréhension de soi et des autres. Mais il est certain qu’un tel discours ne contribue pas à porter un regard différencié sur les autres croyants et qu’il ne favorisera pas une saine et respectueuse cohabitation.
Questions : Comment les commentateurs (imams, docteurs de la Loi islamique…) interprètent-ils aujourd’hui cette Sourate ? Que disent-ils des juifs et des chrétiens ? Et que disent-ils des bahai’s qui ont une autre vision de la prophétie, des bouddhistes qui ne croient pas en un Dieu créateur et des athées qui refusent même toute idée de Dieu ?
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» II.3. Pratique des châtiments corporels.
Notes
[1] Cheikh Si Hamza Boubakeur, Le Coran, Paris, Fayard, (1976) 1985, p. 36. Lui-même, à la suite de Râzi, s’en démarque.

) pour le texte complet, avec l’intégralité des notes en bas de page.
Commentaires
En effet, pour le Coran, le non-musulman est égaré, ceci ne veut pas dire que le musulman doit le traiter comme un sous-homme ou lui manquer de respect, loin de là ( nous le verrons ci-dessous ) mais ca veut tout simplement dire qu’il est égaré par rapport à la Vérité, égaré par rapport à au regard que Dieu a sur lui
et ceci les Juifs comme les Chrétiens, Bouddhistes, athées ou je ne sais quoi encore le diront aussi au sujet de ceux ne partageant pas leur croyance : le chrétien prétendra que sa croyance est la Vérité et que donc ceux ne croyant pas à la Bible ont tort, sont égarés, l’athée prétendra que le religieux est à coté de la plaque car selon lui les religions sont sources soi-disant de mal alors que c’est plutot ce qu’ont font certains hommes le problème, etc…………
preuves comme quoi l’Islam RESPECTE le non-musulman qui lui veut aucun mal :
Un jour, un cortège funèbre passa devant le Prophète qui se leva par respect. On lui dit “O Messager de Dieu ! Il s’agit du cortège funèbre d’un juif”. Le Prophète réponda : “Ne s’agit-il pas d’un etre humain ?” (Al-Boukhari)
Le Coran incite ici au rapprochement notamment avec les gens d’autres religions :
“O humains ! Nous vous avons créés d’un male et d’une femelle et vous avons répartis en nations et tribus, pour que VOUS VOUS ENTRE-CONNAISSIEZ. Certes, le plus noble d’entre-vous, auprès de Dieu, c’est le plus pieux. Et Dieu est savant et bien informé, vraiment” ( Sourate 49 “Les Cloisons”, verset 13 ) => Le Coran, ici montre aussi que nous sommes tous HUMAINS et tous quelque part frères et soeurs malgré le fait que Dieu distingue les gens seulement leur piété
L’Islam recommande de faire du bien aux non croyants :
“Dieu ne vous défend pas d’etre bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassé de vos demeures. Car Dieu aime ceux qui sont justes. Dieu vous défend seulement de prendre pour alliés ceux qui vous ont combattu à cause de la religion, qui vous ont chassé de vos demeures et ont aidé à votre expulsion. Et ceux qui les prennent pour alliés sont les injustes” ( Sourate 60 “Les Mises à l’Epreuve”, versets 8 et 9 )
Le musulman doit compatir aux peines des infidèles ( non-musulmans ) comme il le fait pour le commun des mortels, à savoir les nourrir quand ils ont faim, leur donner à boire quand ils ont soif, les soigner quand ils sont malades, les tirer du péril et leur éviter tout mal :
le prophète saws dit : “Ayez pitié de ceux qui vivent sur terre. Celui qui est au ciel aura pitié de vous” ( Hadith Tabarani ), ” Tout bienfait à tout etre vivant est récompensé par Dieu “
Le musulman doit sauvegarder les biens, le sang et l’honneur du non-musulman si ce dernier n’est pas en guerre contre lui :
le prophète saws rapporte la parole de son Seigneur qui dit :
“Mes serviteurs ! Je Me suis interdit l’injustice. Je vous l’interdis aussi. Ne soyez pas injuste les uns envers les autres” ( hadith Moslim )
“Quiconque fait mal à un sujet non-musulman, je serai Moi-meme son adversaire le Jour de la Résurrection” ( hadith Moslim )
Le musulman peut offrir un cadeau à un non-musulman et inversément il peut accepter le sien :
Il s’est avéré que le Prophète (saws) a accepté les cadeaux que lui avaient envoyé les rois Ahmad et At-Tirmidhi qui n’étaient pourtant pas musulmans, et inversément Oumm Salama, l’épouse du Prophète ( saws ), a rapporté que le Prophète (saws) lui a dit : “J’ai offert au Négus une tenue d’apparat et quelques onces de soie” ( Ahmad et At-Tabarani )
La Djizya, impôt perçu sur les non-musulmans vivant en terre islamique, vise à garantir la protection de ceux-ci et d’ailleurs les Musulmans eux aussi avaient un impôt, la Zakat qui leur était prévelée, de plus la Djizya n’était pas imposée aux non-musulmans et ceux, qui parmi eux étaient incapables de prendre les armes pour la défense, en étaient même pas concernés :
Dans un de ses traités, Khalid Ibn Walid dit ceci : “J’ai signé avec vous un accord sur la Djizya et la protection. Si nous vous protégeons, nous avons droit à la Djizya; sinon vous nous devez rien jusqu’à ce que nous vous protégions” ( La chronique de Al-Balazary )
Le Trésor publique islamique était mis à la disposition des non-musulmans dans le besoin :
Dans l’une de ses clauses du pacte que Khalid Ibn Walid signa avec les gens de Al-Haira ( Chrétiens d’Irak ), on lit ceci : “Toute personne âgée qui est capable de travailler ou qui est victime d’une affection ou qui est devenue pauvre après avoir connu l’aisance au point de ne plus vivre que de la charité de ses coreligionnaires n’est plus soumise à Djizya et sera prise en charge ainsi que sa famille par le Trésor publique islamique” ( Al-Kharadj de Abou Youssoud, p 144 )
Un jour, Omar Ibn Al-Khattab, Emir des croyants et deuxième calife du Messager d’Allah saws passa près d’un vieillard juif qui mendiait et lorsqu’il s’enquit de son cas, on lui apprit qu’il faisait partie des gens soumis à la Djizya. Omar dit alors : “Nous ne serions pas justes à ton égard si, après avoir perçu de toi de la Djizya dans ta jeunesse, nous t’abandonnions dans ta vieillesse” puis il le prit la main et l’emmena chez lui et lui donna de la nourriture et des vêtements , ensuite il envoya ce message au directeur du Trésor publique islamique : “Occupe-toi de cet hommes et de ces gens qui sont dans une situation semblable et donne-leu ainsi qu’à leur famille une pension suffisante au nom du Trésor publique islamique car Allah dit : “Les Aumômes ne sont destinées qu’aux pauvres, aux indigents…..” ( Hadith An-Nassa’i 7 / 82, No 3986 )
Le prophète saws dit : “Ayez pitié de ceux qui vivent sur terre. Celui qui est au ciel aura pitié de vous” ( Hadith Tabarani ), ” Tout bienfait à tout etre vivant est récompensé par Dieu “
Ibn Abi Shayba rapporte que Jarir Ibn Jayd fut interrogé au sujet de la Zakat : “A qui doit-elle être destinée ?” Il répondit : “A vos coreligionnaires musulmans et aux gens de leur dhimma ( protégés non-musulmans vivant en terre islamique )”
mimirEt, enfin, 3 exemples très connus montrant la bonté et la JUSTICE de l’Islam, à l’égard des non-musulmans :
Un jour, le fils de Amr Ibn Al-As alors gouverneur de l’Egypte, frappa un copte ( = une sorte de Chrétien ) de son fouet et lui dit : “Je suis le fils du plus noble parmi les nobles”. Le copte se rendit aussitôt à Médine et se plaignit au Calife Omar Ibn Al-Khattab. Omar convoqua alors son gouverneur Amr Ibn Al-As et son fils. Il donna alors un fouet au copte et lui dit ” Frappe le fils du plus noble parmi les plus nobles” et lorsque le copte finit de le frapper, Omar lui dit : “Tourne-le ( le fouet ) vers la calvitie de Amr car c’est par son pouvoir que son fils t’a frappé”. Le copte répondit alors : “J’ai ( déjà ) frappé celui qui m’a frappé”. Omar se tourna alors vers Amr et lui dit cette phrase célèbre :”O Amr ! Depuis quand réduisez-vous les hommes à l’esclavage alors que leurs mères les ont fait naître libres” ( ceci prouve en même temps que l’Islam a ABOLIT progressivement l’esclavage ).
Un jour, le Calife Ali comparut en personne devant un tribunal comme accusateur d’un Chrétien qui lui aurait volé son bouclier. En effet, après la bataille de Siffin, le Calife Ali Ibn Abi Talib perdit son bouclier et il le retrouva chez un Chrétien. Le Chrétien disait “Le bouclier est à moi, bien que pour moi le commandant des croyants n’est pas un menteur” et l’affaire était portée devant un juge. Shurayh, le juge, se tourna alors vers Ali et lui dit : “As-tu une preuve?” et Ali alors rit et dit : “Shurayh a vu juste, je n’ai pas de preuve”. Shurayh se prononça alors en faveur du Chrétien et lui attribua le bouclier vu qu’il était en sa possession et que rien ne prouvait le contraire, le Chrétien reprit alors le bouclier et partit.
Mais, après quelques pas, il fait demi-tour en disant : “J’atteste qu’il sagisse là de lois de prophètes ! Le commandant des croyants me fait comparaitre contre lui devant son juge et celui-ci se prononce en ma faveur ?! J’atteste qu’il n’est de Dieu que Allah et que Muhammad est Son Messager ! Le bouclier est à toi, O commandant des croyants ! J’ai suivi l’armée alors que tu suivais Siffin et le bouclier est tombé de ton chameau blanc”.
Ali lui dit alors :”Etant donné que tu as embrassé l’Islam, le bouclier est alors à toi”.
Il y a aussi le fait que le prophète Mohammed saws, a donné son bouclier à un juif en gage de remboursement d’une dette envers ce dernier mais aussi, le fait qu’un jour, durant la chaleur torride du milieu du jour, un Bédouin des Banu Moharib s’aperçut que le prophète Mohammed saws et ses compagnons faisaient la sieste en se dispersant à l’ombre et surtout EN NEGLIGEANT DE MONTER LA GARDE, ce Bédouin réussit alors à s’approcher du prophète Mohammed saws en rampant et décrocha le sabre à poignées d’argent suspendu aux branches d’un arbuste sous lequel le prophète Mohammed saws se reposait et lui dit : “O Mohammed, laisse-moi examiner la lame de ton épée”, puis après avoir passé la main sur le fil de la lame comme pour l’éprouver, il la brandit au dessus de la tête du prophète Mohammed saws en s’écriant : “O Mohammed, n’as-tu pas peur de moi ?”, le prophète Mohammed lui répond : “Non, pourquoi aurai-je peur de toi ?”, le Bédouin lui répond alors : “Ne redoutes-tu pas l’arme que je brandis dans ma main ?”, “Non, car Allah me protège contre toi” répliqua le prophète Mohammed du ton le plus calme et le fixant du regard.
mimirStupéfait d’une pareille indifférence face à un tel danger, le Bédouin sentit une émotion surnaturelle paralyser les battements de son coeur, une sueur froide baigna ses tempes et ses doigts crispés sur la poignet du sabre s’ouvrirent malgré eux et l’épée tomba ainsi aux pieds du prophète Mohammed saws qui la ramassa tranquillement en disant à son tour : “Et maintenant, qu’est-ce qui te sauvera de mes mains ?”, “Ta générosité” lui répondit le Bédouin agresseur atterré. Et le prophète Mohammed saws le laissa en effet s’éloigner sans pour autant lui demander la profession de foi musulmane et le Bédouin, rentré parmi les siens auxquels il s’était vanté avant son départ d’apporter la tête du prophète Mohammed saws leur déclara : “Je viens de voir le meilleur d’entre tous les hommes”. Puis, il revint se convertir entre les mains du prophète Mohammed saws.