De l’ébranlement à la reconstruction
« Il y a un temps pour démolir et un temps pour reconstruire »
L’Ecclésiaste, 3/3
L’acceptation le 29 novembre 2009 de l’initiative anti-minarets par 57,5% de la population suisse a été un choc[1].
- Choc pour les initiants eux-mêmes qui ne s’attendaient pas à un tel succès.
- Choc pour bien des acteurs du monde politique, médiatique et religieux qui, opposés à l’initiative, ont découvert qu’une grande partie de la population suisse ne les avait pas suivis.
- Choc pour de nombreux musulmans de Suisse, d’Europe et du monde qui, soudain, ont découvert que quelque chose de leur religion était pointé du doigt, critiqué et discriminé.
- Et aujourd’hui, s’y ajoute encore un choc entre ces groupes…
Il n’est pas facile d’avoir une parole claire sur ce choc et ses effets, car il est pratiquement impossible dans une même parole, de s’adresser à ces trois publics si différents et si disparates[2].
Trois paroles sont donc nécessaires :
- pour les musulmans de Suisse (d’Europe et du monde)
- pour les partisans de l’initiative
- pour les opposants à l’initiative
A cela, il faut rajouter une quatrième parole pour les rassembler[3].
1. Une parole pour les musulmans de Suisse (d’Europe et du monde)
A la grande majorité des musulmans qui interprètent et vivent paisiblement l’islam, en respectant consciencieusement la Constitution suisse et les conventions des droits humains, il est important de dire : « Ce vote ne s’adresse pas à vous ! ». « Avec vous, et tous ensemble, nous voulons continuer de créer une Suisse ouverte et respectueuse de ses valeurs fondamentales qui sont : la liberté, la démocratie, l’indépendance, la paix, le respect de l’autre et l’équité (cf. le Préambule de la Constitution fédérale). »
Par contre, à une petite minorité de musulmans qui défendent un islam littéraliste, militant et conquérant[4], et qui respecteraient tactiquement la Constitution suisse et les droits humains (dans le but d’utiliser cette liberté de religion pour imposer des valeurs et une forme d’islam dominateur), il est important de dire tout aussi clairement : « Ce vote s’adresse à vous ! ». « Les Suisses[5] ne veulent pas voir disparaître leurs valeurs judéo-chrétiennes et humanistes et ces valeurs sont non négociables. »
A tous les musulmans, il n’est pas inutile de redire : « L’article constitutionnel adopté n’interdit pas la construction de mosquées, mais bien celle de minarets». Et paradoxalement, sur ce point, aussi bien les initiants opposés à un islam « traditionaliste » que les partisans d’un islam « traditionaliste » pourraient être d’accord ! [6] Et à tous les musulmans, il est important de rappeler : « Parmi les valeurs non négociables en Suisse il faut mentionner : la liberté de croire, de ne plus croire, de ne pas croire et de croire autrement; l’égalité pleine entre l’homme et la femme ; le respect de la majorité et le respect des minorités ; l’attachement à la démocratie, une neutralité de l’Etat en faveur du bien de tous, la non domination d’un groupe sur un autre ; la protection du plus faible… Il a fallu des siècles pour les établir. Il ne saurait y avoir de retour en arrière. »
Puisque plusieurs de ces valeurs semblent contredites par certains textes fondateurs de l’islam (cf. document en annexe « Les textes difficiles de l’islam qui demandent des explications ») il est important que les musulmans puissent rassurer les Suisses en leur expliquant comment ils les interprètent aujourd’hui et quelle compatibilité ils voient entre ces textes, leur interprétation et la Constitution.
2. Une parole pour les partisans de l’initiative
Aux partisans de l’UDC et de l’UDF qui ont lancé et soutenu l’initiative, il est possible de clairement dire : « Vous avez eu raison de réaffirmer certaines de nos valeurs non négociables ». 80% de la population suisse se réclame du christianisme et cette identité ne doit pas être bafouée. De même, il y a une saine fierté à être Suisse. « Vous avez raison aussi de dire qu’une forme d’islam agressif, pouvant subvertir des valeurs fondamentales de la Constitution, doit être limitée ».
Mais à ces mêmes partisans il est tout aussi important de dire : « Vous auriez tort d’amalgamer tous les musulmans à cette forme d’islam conquérant. Et vous avez tort chaque fois que vous attisez la peur de l’étranger. » En effet, au coeur de la tradition chrétienne et de la Suisse, il y a la valeur centrale de l’accueil de l’étranger, de l’étranger acceptant d’être accueilli et de s’intégrer dans une nouvelle patrie.
Quant aux partisans d’autres partis politiques (ou sans parti politique) qui ont soutenu l’initiative au nom d’une liberté fondamentale à préserver, de l’égalité femme-homme à défendre, de racines chrétiennes à cultiver, ou encore par exaspération à l’égard du président Kadhafi (l’affaire des otages suisses ; son appel en Italie à des jeunes femmes à se convertir à l’islam) il est possible de dire : « Vous avez eu raison de soutenir ces valeurs. Et vous avez raison de résister à toute forme de xénophobie primaire».
3. Une parole pour les opposants à l’initiative
A tous ceux qui considèrent que cette initiative est une mauvaise réponse à (éventuellement) une bonne question, il est possible de clairement dire : « Vous avez eu raison de vous y opposer. Partisans de l’intégration et de l’ouverture, vous savez que les stigmatisations et les généralisations sont dangereuses ».
Mais à ces mêmes personnes, il est tout aussi important de dire : « Vous auriez tort de croire que c’est une ignorance de l’islam qui a motivé tous les partisans de l’initiative et qu’une meilleure connaissance de l’islam va résoudre le problème. Une partie de l’islam, petite mais bien réelle, promeut des valeurs auxquelles vous aussi êtes opposés ».
La naïveté et les bons sentiments sont aussi dangereux que les amalgames[7].
Trop de journalistes, de politiciens et même de responsables d’Eglises ont tenu (et tiennent) un discours « creux ». Il ne suffit pas de clamer qu’il faut défendre « la liberté de religion » et la « nondiscrimination » à l’égard de groupes minoritaires. (Un tel discours ne rassure pas les personnes qui ont des craintes légitimes à l’égard de certains groupes. En plus, comme le résultat du vote l’a montré, il ne peut que contribuer à élargir le fossé entre ces personnes et ceux qui tiennent ces discours.)
Au nom de la liberté de croyance pour tous, il est parfois nécessaire de limiter la liberté d’expansion, voire d’expression, de certains dont la croyance est que la liberté des autres doit être limitée.
Et au nom de la non-discrimination à l’égard de tous, il faut savoir opérer parfois une discrimination à l’égard de ceux dont la conviction est qu’il faut promouvoir une discrimination à l’égard de certains.
Ou pour le dire autrement, et simplement, il est irresponsable de traiter avec égalité les communautés qui défendent l’égalité et celles qui la nient[8].
Sans quoi les fondements mêmes de la liberté, de la non-discrimination et de l’égalité seront détruits.
4. Une parole pour tous
Ainsi, aux partisans de l’initiative, il est possible de dire : « Vous avez raison de défendre les valeurs de la majorité de ce pays, valeurs menacées par une minorité ». Et aux opposants de l’initiative, il est possible d’affirmer : « Vous avez raison, au nom des valeurs de ce pays, de vous préoccuper du bienêtre des minorités ». Mais à ceux qui défendent la majorité sans se soucier des minorités et à ceux qui défendent les minorités sans voir les menaces possibles sur la majorité, il est important de dire: « Il est vital que la majorité respecte activement les minorités et que les minorités respectent loyalement la majorité ! ».
Le choc provoqué par l’acceptation de l’initiative est national (avec des répercussions internationales). Au sein de l’islam, certaines pratiques font peur. Et à cause de ces pratiques et de cette peur toute la communauté musulmane a été montrée du doigt.
Dans les textes fondateurs de l’islam, (comme dans les textes fondateurs de toutes les religions) il y a des violences qui contredisent frontalement la Constitution suisse. A ces violences, l’initiative a réagi avec violence pour les limiter. Et en le faisant, elle en a provoqué d’autres.
Il appartient aux uns et aux autres de parler de ces violences avec vérité. Comme le dit si bien Ghaleb Bencheikh dans son ouvrage Alors, c’est quoi l’islam ? : « Seul le langage de vérité nous guérira de la violence »[9].
Après le choc, et les émotions contrastées qui l’accompagnent, le temps doit venir pour un débat serein. Sans généralisations et sans idéalisme. Un débat qui prendra du temps[10].
Et si ce langage de vérité se déploie, dans une réelle écoute et sensibilité, alors sur des fondements partagés, un édifice commun pourra s’élever.
Lire la suite :
» II. Les textes difficiles de l’islam qui demandent des explications.
Notes
[1] Le journal 24 heures, dans son édition du 30 novembre, a titré en grand sur la première page : « Le choc ».
[2] Pour une bonne analyse à chaud (29 novembre) de l’adoption de cette initiative, cf. de Jean-François Mayer : « Analyse : le peuple suisse décide d’interdire la construction des minarets » (http://religion.info/french/article…). L’auteur passe en revue la diversité des motivations qui ont poussé à son acceptation.
[3] Pour la clarté de mon texte, je dois dire que j’ai voté contre l’initiative en considérant que c’est une mauvaise réponse à une bonne question. L’article constitutionnel donne un mauvais signal, car il stigmatise dans la Constitution une Communauté particulière et crée un amalgame entre tous les musulmans qui sont d’une extraordinaire diversité. La décision étant prise, il est possible soit de chercher à l’invalider (ce qui serait une mauvaise réponse à une mauvaise réponse ; car l’initiative, même mauvaise, ne remet pas en question la démocratie en osant critiquer une minorité qui pourrait saper les fondements de la démocratie, mais au contraire cette initiative cherche à défendre la démocratie) soit de mettre le doigt sur les éventuelles bonnes questions posées par ceux qui ont accepté l’initiative. Et j’opte pour cette seconde possibilité.
[4] La diversité interne de l’islam (comme de toute religion) est très grande : Non seulement entre sunnites et chiites (sans oublier les mouvements minoritaires tels les Habaches de La Mosquée de Lausanne ou les Ahmadiyya constructeurs du premier minaret en Suisse, mouvements reconnus comme hétérodoxes par la majorité des autres centres islamiques), entre musulmans turcs, balkaniques, arabes, iraniens ou pakistanais, entre les pratiquants (réguliers ou irréguliers) et les nonpratiquants, entre les politisés, les laïcisés ou les soufis, etc. mais aussi parmi les mouvements de retour aux racines au sein de l’islam. Ainsi, il faut différencier parmi ces mouvements les littéralistes-piétistes, les réformistes, les révolutionnaires, les conversionnistes, les excommunicateurs, les terroristes … (Sur cette diversité interne des mouvements « islamistes », cf. de Bruno Etienne, Islam, les questions qui fâchent, Paris, Bayard, 2003, p.87s. Ou encore son livre plus ancien, L’islamisme radical, Paris, Hachette, 1987). Une autre difficulté vient de ce que les catégories ne sont pas étanches. Un musulman dit « modéré » peut très bien avoir de la sympathie par exemple pour la lutte armée en « Palestine » et les attentats-suicides qui y sont perpétrés. Et de même, un musulman dit « extrémiste » par ses propos, peut très bien être reconnaissant à la Suisse pour le cadre constitutionnel qui lui est offert.
[5] Il y a bien sûr des Suisses qui sont musulmans (0,5% de la population en 2000 ; plus aujourd’hui). Pour ne pas alourdir le texte j’utilise malgré tout les catégories de « Suisses » et de « musulmans » sachant que ces deux catégories intègrent une grande pluralité de personnes.
[6] Dans un bon article de Jean-François Meyer « Minarets : entre variété architecturale et symbole de l’islam – autour d’un débat en Suisse » paru avant les votations (http://religion.info/french/article…), il est rappelé que: «l’islam des origines ne connaissait pas le minaret. En l’an 632 de l’ère chrétienne, à la mort de Muhammad, il n’existait pas un seul minaret dans le monde musulman. Cela explique que des milieux musulmans salafistes, qui se disent attachés au modèle de l’islam des origines, soient eux-mêmes défavorables aux minarets, perçus comme innovation. ». L’initiative vise notamment l’islam des Frères musulmans dont la doctrine était « un retour à la foi des ancêtres ou salaf, déjà prôné au début du siècle par le réformisme dit des Salafiya, mais un retour à la foi conçue sous sa forme traditionaliste. Al-Bannâ déclarait : « L’islam est dogme et culte, patrie et nationalité, religion et Etat, spiritualité et action, Coran et Sabre » » (cf. l’article « Frères musulmans » in Janine Sourdel et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l’islam, Paris, Quadrige/PUF, 2004, p. 303). Ainsi, en limitant cette forme d’islam par l’initiative, la majorité du peuple suisse a réussi à introduire dans sa propre Constitution un article auquel ces musulmans traditionalistes pourraient se rallier ! Sous forme de boutade, on pourrait dire qu’une bonne raison pour les initiants eux-mêmes de vouloir enlever un jour cet article de la Constitution pourrait précisément être celle de refuser ce premier pas de l’islamisation de la Constitution suisse !
[7] On peut reprocher à certains partisans de l’initiative d’avoir amalgamé tous les musulmans en un seul « bloc ». Mais on peut aussi reprocher à certains opposants à l’initiative de ne pas différencier suffisamment entre les « religions ». L’essor de l’Organisation de la conférence islamique (57 Etats membres) et tous leurs efforts à promouvoir la défense de l’islam sur le plan politique devrait ouvrir les yeux des politiciens occidentaux qui considèrent que l’islam est une religion comme une autre. (Il n’y pas d’Organisation de la conférence chrétienne –même si le christianisme catholique romain a la particularité d’être représenté par ses évêques et, pour certains sujets, par l’Etat du Vatican- ou d’Organisation de la conférence bouddhiste rassemblant des pays partageant une même religion). Non, l’islam n’est pas une « religion » comme les autres. C’est la seule « religion » en Europe où certains de ses responsables témoignent d’une difficulté réelle à accepter des lois qui lui sont étrangères et veulent promouvoir une législation particulière. Puisqu’elle (une partie d’elle) se veut différente, elle (cette partie d’elle) mérite un traitement différencié ! Sans être « prophète », il est presque sûr que dans les décennies à venir, il y aura des partis « islamiques » dans la plupart des démocraties ; puis, quand les musulmans seront suffisamment nombreux, des tribunaux islamiques pour gérer selon leur propre Loi certaines affaires de leurs communautés. Sur ce sujet, voir l’évolution récente du Kenya.
[8] Cette difficulté à accepter l’égalité ne se trouve pas seulement en islam, mais aussi dans le christianisme ! En Suisse, pendant des années, la présence des jésuites a été interdite et la constitution d’un nouvel évêché nécessitait l’approbation de la Confédération. Cette interdiction et cette réserve (qui figuraient dans la Constitution fédérale) exprimaient clairement la volonté de l’Etat d’assurer activement la paix confessionnelle et celle d’une majorité du peuple suisse qui ne voulait pas que cette paix soit troublée par l’ingérence d’organismes non démocratiques. L’Eglise catholique romaine ayant beaucoup évolué depuis Vatican I, ces limitations n’ont plus eu de sens et ont été enlevées.
[9] Ghaleb Bencheikh, Alors, c’est quoi l’islam ?, Paris, Presses de la Renaissance, 2001, p. 64.
[10] Puisque la Confédération peut « prendre des mesures pour maintenir la paix entre les membres des diverses communautés religieuses » (CNST CH, article 72.2), le Conseil Fédéral et le Parlement pourraient constituer un groupe de travail rassemblant les protagonistes touchés par cette crise. Ce groupe devrait rassembler des représentants des initiants et des opposants ; des représentants des Eglises historiques (réformée, catholique romaine et catholique chrétienne…), de la Communauté de travail des Eglises chrétiennes de Suisse, de la Communauté de travail interreligieuse de Suisse, du Conseil suisse des religions et bien sûr d’organisations faîtières musulmanes telle la Fédération d’organisations islamiques de Suisse. A ce groupe de travail pourraient être associés aussi des représentants de groupes de dialogue interreligieux cantonaux (comme la Plateforme interreligieuse de Genève, la maison de l’Arzillier du canton de Vaud et le groupe cantonal neuchâtelois de réflexion et de dialogue interreligieux)). Ce groupe devrait intégrer aussi l’apport de chercheurs du monde académique et d’organismes compétents comme Religioscope (cf. leur site http://www.religion.info/).

) pour le texte complet, avec l’intégralité des notes en bas de page.
Commentaires
Merci Shafique pour la rédaction de ce texte qui, avec amour, apporte un éclairage lucide et documenté. Il ne donne pas de leçon, n’accuse ni ne culpabilise. Après l’indigestion des commentaires médiatiques, cela fait du bien.
Pierre TschanzMerci pour la justesse de votre analyse fruit évident d’une rare clairvoyance nécessaire ces temps, certainement due à une réflexion aboutie, intelligente et pleine d’un Amour partagé avec le peuple suisse et tout ceux qui y habitent.
Nicolas SchaffnerAu plaisir de vous relire !
Nicolas Schaffner
Vous êtes l’un des rares opposants à l’initiative à avoir compris les motifs des “pour” et des “contre” et à montrer un chemin réaliste et humain de traiter le problème. Merci !
Stéphane GonzalezFélicitation pour votre analyse lucide et claire.
Marc FrühAvec vos capacités de réflexions, votre clairvoyance et l’intelligence des mots , qu’envisagez vous concrètement sur le terrain, pour les chrétiens d’Egypte? L’eglise suisse doit-elle ignorer et se taire lorsque des frères sont assassinés à la sortie du lieu de culte? L’accusation est-elle réelle ou est-elle inventée de toute pièce? Je rappelle qu’en 2008, 7 mariages forcés ( filles coptes à des hommes musulmans) ont eut lieu dans cette même région de la haute Égypte!
Au plaisir de vous lire
Marc Früh
effectivement, c’est pas une mauvaise analyse, mais à part dire que tout le monde avait raison et tord à la foi et légitimer le scrutin tout en s’inscrivant en faux, et par là “planer au dessus de la mêlée”, je ne vois pas ce que ça apporte au débat lui-même. Il faut “dialoguer”, très bien : tout le monde le dit ! Mais à l’échelon des populations il y aura toujours des opinions inconciliables d’une part …et les urnes d’autre part.
Je ne dis pas que c’est le meilleurs système, seulement le moins pire. Une dictature de la majorité est moins pire, en terme d’équilibre (je tiens à le préciser), que l’érection d’une valeur majoritaire au profit d’une minorité uniquement.
Les amis, de deux choses l’une : ou le scrutin à raison ou nous disons quelque chose qui reviens à prétendre qu’une dictature éclairée serait préférable au jeu démocratique qui, lui (et pour l’instant lui seul) permet ce débat à large échelle sur le choc des civilisations.
A ce titre le cas Suisse et son héritage chrétien (de démocratie directe, alliance de républiques…) est jusqu’ici le seul système qui ai permis de manifesté que ce débat était épineux (et permis à nos voisins français de le remarqué!)… Afficher davantage
Donc, a vrai dire, c’est ce qui s’est passé dans l’anonymat du scrutin qui est l’expression de la liberté. Il est garant non seulement des équilibre “majorité-minorité”, (contrairement au système français) mais aussi de la liberté de conscience contre un discours monolithique de la classe politique et journalistique plaidant une tolérance flasque, parfaitement déliée de l’amour du prochain dont elle est pourtant l’héritière.
Dès lors, j’invite le chrétien non pas à se faire l’écho de cette pensée dominante mais plutôt de l’inséré courageusement dans sa racine historique (minoritaire) : le Christ, son église !
C’est à croire qu’on préfère avoir “plein de religions” et être capable de “discuter ensemble” plutôt que d’affirmer l’universalité du message de Christ et voir des gens se convertir, malgré peut-être, le prix à payer !
Effectivement cette église là ne sert plus à rien sinon à “faire alliance avec le trône” (Cf. Acab-Jezabel) et faire glisser les fidèles dans un eucuménisme apostat qui ne raliera finalement aucun des fidèles ni de l’Islam ni de la chrétienté laissant ainsi les plein pouvoir au main d’une laïcité liberticide cautionnée par un clergé religieux veule (tant du côté chrétien que musulman), sans foi à transmettre, ce qui laissera finalement la place à tout les intégrismes et tout les équilibres instables tel que les connaissent, précisément les pays musulman ou un leadership complaisant à l’égard des valeurs de “l’autre” leur ont fait perdre tout crédit à l’égard des fidèles qui, faut-il le rappeler, sont musulman avant d’être citoyen et obéissant à leur compréhension de la volonté de Dieu avant d’être respectueux du droit.
Leur faible résignation devant le vote populaire, de même que le sentiment d’injustice ressenti face à cette “brimade” en est la preuve patente : la revendication n’est pas le minaret ni la liberté religieuse mais l’Islam ; ceci incluant notamment tout ce qu’il a d’expansionniste !!! (sinon pourquoi CE débat sur notre sol ?)
Ce qu’on appelle à tord le vote de la peur était peut-être aussi le vote du courage : réaffirmant par là une liberté religieuse, celle de choisir son obédience et de freiner certaines prétention, au risque de l’opprobre internationnal et A CAUSE de son héritage chrétien !
(le pays deviendrait-il plus prophétique que l’église?)
L’occident à de la merde dans les yeux, personne ou presque n’a lu le Coran lui-même, personne dans l’église ne s’intéresse au double discours des autorités de l’Islam, le jihad, le droit au mensonge… l’Eglise voudra-elle ou non sortir de sa cécité spirituelle et rendre la vue à ses congénères, c’est toute la question ?
N’oublions pas qu’à la suite de Christ nous sommes voués à être une minorité prophétique, probablement mal aimée ; étant de ceux que la terre ne mérite pas nous devons garder notre rôle exclusif de rendre témoignage à la vérité et de servir de lumière pour conduire les peuples a glorifier Dieu pour Jésus; que ces peuple soient musulman intégriste, démocrate ou républicain, peu importe !
Contrairement à tout ce que j’entends de “politicien” dans l’Eglise, soyons premièrement “chrétien”!
A l’instar de Jésus notre royaume n’est pas de ce monde et notre position n’est pas le pouvoir mais au mieux l’influence. La question est plutôt de l’ordre du “savons-nous ce qu’on croit ?”
“sommes-nous sûr de notre foi ?”
“croyons-nous en notre propre message et son universalité ?”
“sommes-nous fier de notre “aïeul” ? ..si vous me passer l’expression !
“sommes-nous encore conquérant pour que les gens parviennent au salut ?”
“les aimons-nous assez pour cela ?”
“voulons-nous payer le prix ?”
Mon impression c’est qu’on attend patiemment le retour de Christ et que d’ici-là on plaide “paix et sécurité”, peut-être, pour le bien du plus grand nombre, mais aussi pour gardez nos fesses au chaud sans prendre de risques, même pas celui de déplaire !
Je m’adresse à vous en temps qu’autorité sur l’Eglise, “si le cor ne sonne un son distinct personne ne se lèvera pour le combat”
Votre discours n’est pas “chrétien”, il est politique. Bien entendu, il a de la place pour les hommes d’église en politique et, à ce titre, votre papier est bon et invite prophétiquement le législateur à être “sage” pour que règne la paix et l’ordre. Mais l’objectif pour le chrétien est autre : c’est afin qu’il vive en paix pour faire avancé le royaume de Dieu
Dans ce sens, ce texte n’est pas un “appel” au chrétien et c’est presque dommage de l’écrire “en temps que” théologien.
J’imagine qu’il est difficile, dans votre cas, de parler sans être pris pour le théologiens qui parle “au nom” du “peuple de Dieu”.
En effet, bien que l’analyse politique soit pertinente, je ne me reconnais pas du tout (et je penses parler au nom de nombreux chrétiens) dans “l’appel” à la modération et au consensus eucuménique que vous préconiser : c’est au magistrat de le faire, non à l’homme d’église !
Cet appel n’est pas “pour” le chrétien (dans sa spécificité) aussi vous exhorterai-je à la prudence lorsque vous parler en temps qu’autorité de l’Eglise !
D’autant plus que, sans l’Eglise-minoritaire, cette initiative n’aurait peut-être ni vu le jour, ni aboutit !
Meilleurs voeux
Merci.
Mes amitiés à Olivier ;o)
Alexandre Juvet
Alexandre Juvet