De l’ébranlement à la reconstruction
« Il y a un temps pour démolir et un temps pour reconstruire »
L’Ecclésiaste, 3/3
L’acceptation le 29 novembre 2009 de l’initiative anti-minarets par 57,5% de la population suisse a été un choc[1].
- Choc pour les initiants eux-mêmes qui ne s’attendaient pas à un tel succès.
- Choc pour bien des acteurs du monde politique, médiatique et religieux qui, opposés à l’initiative, ont découvert qu’une grande partie de la population suisse ne les avait pas suivis.
- Choc pour de nombreux musulmans de Suisse, d’Europe et du monde qui, soudain, ont découvert que quelque chose de leur religion était pointé du doigt, critiqué et discriminé.
- Et aujourd’hui, s’y ajoute encore un choc entre ces groupes…
Il n’est pas facile d’avoir une parole claire sur ce choc et ses effets, car il est pratiquement impossible dans une même parole, de s’adresser à ces trois publics si différents et si disparates[2].
Trois paroles sont donc nécessaires :
- pour les musulmans de Suisse (d’Europe et du monde)
- pour les partisans de l’initiative
- pour les opposants à l’initiative
A cela, il faut rajouter une quatrième parole pour les rassembler[3].
1. Une parole pour les musulmans de Suisse (d’Europe et du monde)
A la grande majorité des musulmans qui interprètent et vivent paisiblement l’islam, en respectant consciencieusement la Constitution suisse et les conventions des droits humains, il est important de dire : « Ce vote ne s’adresse pas à vous ! ». « Avec vous, et tous ensemble, nous voulons continuer de créer une Suisse ouverte et respectueuse de ses valeurs fondamentales qui sont : la liberté, la démocratie, l’indépendance, la paix, le respect de l’autre et l’équité (cf. le Préambule de la Constitution fédérale). »
Par contre, à une petite minorité de musulmans qui défendent un islam littéraliste, militant et conquérant[4], et qui respecteraient tactiquement la Constitution suisse et les droits humains (dans le but d’utiliser cette liberté de religion pour imposer des valeurs et une forme d’islam dominateur), il est important de dire tout aussi clairement : « Ce vote s’adresse à vous ! ». « Les Suisses[5] ne veulent pas voir disparaître leurs valeurs judéo-chrétiennes et humanistes et ces valeurs sont non négociables. »
A tous les musulmans, il n’est pas inutile de redire : « L’article constitutionnel adopté n’interdit pas la construction de mosquées, mais bien celle de minarets». Et paradoxalement, sur ce point, aussi bien les initiants opposés à un islam « traditionaliste » que les partisans d’un islam « traditionaliste » pourraient être d’accord ! [6] Et à tous les musulmans, il est important de rappeler : « Parmi les valeurs non négociables en Suisse il faut mentionner : la liberté de croire, de ne plus croire, de ne pas croire et de croire autrement; l’égalité pleine entre l’homme et la femme ; le respect de la majorité et le respect des minorités ; l’attachement à la démocratie, une neutralité de l’Etat en faveur du bien de tous, la non domination d’un groupe sur un autre ; la protection du plus faible… Il a fallu des siècles pour les établir. Il ne saurait y avoir de retour en arrière. »
Puisque plusieurs de ces valeurs semblent contredites par certains textes fondateurs de l’islam (cf. document en annexe « Les textes difficiles de l’islam qui demandent des explications ») il est important que les musulmans puissent rassurer les Suisses en leur expliquant comment ils les interprètent aujourd’hui et quelle compatibilité ils voient entre ces textes, leur interprétation et la Constitution.
2. Une parole pour les partisans de l’initiative
Aux partisans de l’UDC et de l’UDF qui ont lancé et soutenu l’initiative, il est possible de clairement dire : « Vous avez eu raison de réaffirmer certaines de nos valeurs non négociables ». 80% de la population suisse se réclame du christianisme et cette identité ne doit pas être bafouée. De même, il y a une saine fierté à être Suisse. « Vous avez raison aussi de dire qu’une forme d’islam agressif, pouvant subvertir des valeurs fondamentales de la Constitution, doit être limitée ».
Mais à ces mêmes partisans il est tout aussi important de dire : « Vous auriez tort d’amalgamer tous les musulmans à cette forme d’islam conquérant. Et vous avez tort chaque fois que vous attisez la peur de l’étranger. » En effet, au coeur de la tradition chrétienne et de la Suisse, il y a la valeur centrale de l’accueil de l’étranger, de l’étranger acceptant d’être accueilli et de s’intégrer dans une nouvelle patrie.
Quant aux partisans d’autres partis politiques (ou sans parti politique) qui ont soutenu l’initiative au nom d’une liberté fondamentale à préserver, de l’égalité femme-homme à défendre, de racines chrétiennes à cultiver, ou encore par exaspération à l’égard du président Kadhafi (l’affaire des otages suisses ; son appel en Italie à des jeunes femmes à se convertir à l’islam) il est possible de dire : « Vous avez eu raison de soutenir ces valeurs. Et vous avez raison de résister à toute forme de xénophobie primaire».
3. Une parole pour les opposants à l’initiative
A tous ceux qui considèrent que cette initiative est une mauvaise réponse à (éventuellement) une bonne question, il est possible de clairement dire : « Vous avez eu raison de vous y opposer. Partisans de l’intégration et de l’ouverture, vous savez que les stigmatisations et les généralisations sont dangereuses ».
Mais à ces mêmes personnes, il est tout aussi important de dire : « Vous auriez tort de croire que c’est une ignorance de l’islam qui a motivé tous les partisans de l’initiative et qu’une meilleure connaissance de l’islam va résoudre le problème. Une partie de l’islam, petite mais bien réelle, promeut des valeurs auxquelles vous aussi êtes opposés ».
La naïveté et les bons sentiments sont aussi dangereux que les amalgames[7].
Trop de journalistes, de politiciens et même de responsables d’Eglises ont tenu (et tiennent) un discours « creux ». Il ne suffit pas de clamer qu’il faut défendre « la liberté de religion » et la « nondiscrimination » à l’égard de groupes minoritaires. (Un tel discours ne rassure pas les personnes qui ont des craintes légitimes à l’égard de certains groupes. En plus, comme le résultat du vote l’a montré, il ne peut que contribuer à élargir le fossé entre ces personnes et ceux qui tiennent ces discours.)
Au nom de la liberté de croyance pour tous, il est parfois nécessaire de limiter la liberté d’expansion, voire d’expression, de certains dont la croyance est que la liberté des autres doit être limitée.
Et au nom de la non-discrimination à l’égard de tous, il faut savoir opérer parfois une discrimination à l’égard de ceux dont la conviction est qu’il faut promouvoir une discrimination à l’égard de certains.
Ou pour le dire autrement, et simplement, il est irresponsable de traiter avec égalité les communautés qui défendent l’égalité et celles qui la nient[8].
Sans quoi les fondements mêmes de la liberté, de la non-discrimination et de l’égalité seront détruits.
4. Une parole pour tous
Ainsi, aux partisans de l’initiative, il est possible de dire : « Vous avez raison de défendre les valeurs de la majorité de ce pays, valeurs menacées par une minorité ». Et aux opposants de l’initiative, il est possible d’affirmer : « Vous avez raison, au nom des valeurs de ce pays, de vous préoccuper du bienêtre des minorités ». Mais à ceux qui défendent la majorité sans se soucier des minorités et à ceux qui défendent les minorités sans voir les menaces possibles sur la majorité, il est important de dire: « Il est vital que la majorité respecte activement les minorités et que les minorités respectent loyalement la majorité ! ».
Le choc provoqué par l’acceptation de l’initiative est national (avec des répercussions internationales). Au sein de l’islam, certaines pratiques font peur. Et à cause de ces pratiques et de cette peur toute la communauté musulmane a été montrée du doigt.
Dans les textes fondateurs de l’islam, (comme dans les textes fondateurs de toutes les religions) il y a des violences qui contredisent frontalement la Constitution suisse. A ces violences, l’initiative a réagi avec violence pour les limiter. Et en le faisant, elle en a provoqué d’autres.
Il appartient aux uns et aux autres de parler de ces violences avec vérité. Comme le dit si bien Ghaleb Bencheikh dans son ouvrage Alors, c’est quoi l’islam ? : « Seul le langage de vérité nous guérira de la violence »[9].
Après le choc, et les émotions contrastées qui l’accompagnent, le temps doit venir pour un débat serein. Sans généralisations et sans idéalisme. Un débat qui prendra du temps[10].
Et si ce langage de vérité se déploie, dans une réelle écoute et sensibilité, alors sur des fondements partagés, un édifice commun pourra s’élever.
Lire la suite :
» II. Les textes difficiles de l’islam qui demandent des explications.
Notes
[1] Le journal 24 heures, dans son édition du 30 novembre, a titré en grand sur la première page : « Le choc ».
[2] Pour une bonne analyse à chaud (29 novembre) de l’adoption de cette initiative, cf. de Jean-François Mayer : « Analyse : le peuple suisse décide d’interdire la construction des minarets » (http://religion.info/french/article…). L’auteur passe en revue la diversité des motivations qui ont poussé à son acceptation.
[3] Pour la clarté de mon texte, je dois dire que j’ai voté contre l’initiative en considérant que c’est une mauvaise réponse à une bonne question. L’article constitutionnel donne un mauvais signal, car il stigmatise dans la Constitution une Communauté particulière et crée un amalgame entre tous les musulmans qui sont d’une extraordinaire diversité. La décision étant prise, il est possible soit de chercher à l’invalider (ce qui serait une mauvaise réponse à une mauvaise réponse ; car l’initiative, même mauvaise, ne remet pas en question la démocratie en osant critiquer une minorité qui pourrait saper les fondements de la démocratie, mais au contraire cette initiative cherche à défendre la démocratie) soit de mettre le doigt sur les éventuelles bonnes questions posées par ceux qui ont accepté l’initiative. Et j’opte pour cette seconde possibilité.
[4] La diversité interne de l’islam (comme de toute religion) est très grande : Non seulement entre sunnites et chiites (sans oublier les mouvements minoritaires tels les Habaches de La Mosquée de Lausanne ou les Ahmadiyya constructeurs du premier minaret en Suisse, mouvements reconnus comme hétérodoxes par la majorité des autres centres islamiques), entre musulmans turcs, balkaniques, arabes, iraniens ou pakistanais, entre les pratiquants (réguliers ou irréguliers) et les nonpratiquants, entre les politisés, les laïcisés ou les soufis, etc. mais aussi parmi les mouvements de retour aux racines au sein de l’islam. Ainsi, il faut différencier parmi ces mouvements les littéralistes-piétistes, les réformistes, les révolutionnaires, les conversionnistes, les excommunicateurs, les terroristes … (Sur cette diversité interne des mouvements « islamistes », cf. de Bruno Etienne, Islam, les questions qui fâchent, Paris, Bayard, 2003, p.87s. Ou encore son livre plus ancien, L’islamisme radical, Paris, Hachette, 1987). Une autre difficulté vient de ce que les catégories ne sont pas étanches. Un musulman dit « modéré » peut très bien avoir de la sympathie par exemple pour la lutte armée en « Palestine » et les attentats-suicides qui y sont perpétrés. Et de même, un musulman dit « extrémiste » par ses propos, peut très bien être reconnaissant à la Suisse pour le cadre constitutionnel qui lui est offert.
[5] Il y a bien sûr des Suisses qui sont musulmans (0,5% de la population en 2000 ; plus aujourd’hui). Pour ne pas alourdir le texte j’utilise malgré tout les catégories de « Suisses » et de « musulmans » sachant que ces deux catégories intègrent une grande pluralité de personnes.
[6] Dans un bon article de Jean-François Meyer « Minarets : entre variété architecturale et symbole de l’islam – autour d’un débat en Suisse » paru avant les votations (http://religion.info/french/article…), il est rappelé que: «l’islam des origines ne connaissait pas le minaret. En l’an 632 de l’ère chrétienne, à la mort de Muhammad, il n’existait pas un seul minaret dans le monde musulman. Cela explique que des milieux musulmans salafistes, qui se disent attachés au modèle de l’islam des origines, soient eux-mêmes défavorables aux minarets, perçus comme innovation. ». L’initiative vise notamment l’islam des Frères musulmans dont la doctrine était « un retour à la foi des ancêtres ou salaf, déjà prôné au début du siècle par le réformisme dit des Salafiya, mais un retour à la foi conçue sous sa forme traditionaliste. Al-Bannâ déclarait : « L’islam est dogme et culte, patrie et nationalité, religion et Etat, spiritualité et action, Coran et Sabre » » (cf. l’article « Frères musulmans » in Janine Sourdel et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l’islam, Paris, Quadrige/PUF, 2004, p. 303). Ainsi, en limitant cette forme d’islam par l’initiative, la majorité du peuple suisse a réussi à introduire dans sa propre Constitution un article auquel ces musulmans traditionalistes pourraient se rallier ! Sous forme de boutade, on pourrait dire qu’une bonne raison pour les initiants eux-mêmes de vouloir enlever un jour cet article de la Constitution pourrait précisément être celle de refuser ce premier pas de l’islamisation de la Constitution suisse !
[7] On peut reprocher à certains partisans de l’initiative d’avoir amalgamé tous les musulmans en un seul « bloc ». Mais on peut aussi reprocher à certains opposants à l’initiative de ne pas différencier suffisamment entre les « religions ». L’essor de l’Organisation de la conférence islamique (57 Etats membres) et tous leurs efforts à promouvoir la défense de l’islam sur le plan politique devrait ouvrir les yeux des politiciens occidentaux qui considèrent que l’islam est une religion comme une autre. (Il n’y pas d’Organisation de la conférence chrétienne –même si le christianisme catholique romain a la particularité d’être représenté par ses évêques et, pour certains sujets, par l’Etat du Vatican- ou d’Organisation de la conférence bouddhiste rassemblant des pays partageant une même religion). Non, l’islam n’est pas une « religion » comme les autres. C’est la seule « religion » en Europe où certains de ses responsables témoignent d’une difficulté réelle à accepter des lois qui lui sont étrangères et veulent promouvoir une législation particulière. Puisqu’elle (une partie d’elle) se veut différente, elle (cette partie d’elle) mérite un traitement différencié ! Sans être « prophète », il est presque sûr que dans les décennies à venir, il y aura des partis « islamiques » dans la plupart des démocraties ; puis, quand les musulmans seront suffisamment nombreux, des tribunaux islamiques pour gérer selon leur propre Loi certaines affaires de leurs communautés. Sur ce sujet, voir l’évolution récente du Kenya.
[8] Cette difficulté à accepter l’égalité ne se trouve pas seulement en islam, mais aussi dans le christianisme ! En Suisse, pendant des années, la présence des jésuites a été interdite et la constitution d’un nouvel évêché nécessitait l’approbation de la Confédération. Cette interdiction et cette réserve (qui figuraient dans la Constitution fédérale) exprimaient clairement la volonté de l’Etat d’assurer activement la paix confessionnelle et celle d’une majorité du peuple suisse qui ne voulait pas que cette paix soit troublée par l’ingérence d’organismes non démocratiques. L’Eglise catholique romaine ayant beaucoup évolué depuis Vatican I, ces limitations n’ont plus eu de sens et ont été enlevées.
[9] Ghaleb Bencheikh, Alors, c’est quoi l’islam ?, Paris, Presses de la Renaissance, 2001, p. 64.
[10] Puisque la Confédération peut « prendre des mesures pour maintenir la paix entre les membres des diverses communautés religieuses » (CNST CH, article 72.2), le Conseil Fédéral et le Parlement pourraient constituer un groupe de travail rassemblant les protagonistes touchés par cette crise. Ce groupe devrait rassembler des représentants des initiants et des opposants ; des représentants des Eglises historiques (réformée, catholique romaine et catholique chrétienne…), de la Communauté de travail des Eglises chrétiennes de Suisse, de la Communauté de travail interreligieuse de Suisse, du Conseil suisse des religions et bien sûr d’organisations faîtières musulmanes telle la Fédération d’organisations islamiques de Suisse. A ce groupe de travail pourraient être associés aussi des représentants de groupes de dialogue interreligieux cantonaux (comme la Plateforme interreligieuse de Genève, la maison de l’Arzillier du canton de Vaud et le groupe cantonal neuchâtelois de réflexion et de dialogue interreligieux)). Ce groupe devrait intégrer aussi l’apport de chercheurs du monde académique et d’organismes compétents comme Religioscope (cf. leur site http://www.religion.info/).

) pour le texte complet, avec l’intégralité des notes en bas de page.
Commentaires
Merci Shafique pour la rédaction de ce texte qui, avec amour, apporte un éclairage lucide et documenté. Il ne donne pas de leçon, n’accuse ni ne culpabilise. Après l’indigestion des commentaires médiatiques, cela fait du bien.
Pierre TschanzMerci pour la justesse de votre analyse fruit évident d’une rare clairvoyance nécessaire ces temps, certainement due à une réflexion aboutie, intelligente et pleine d’un Amour partagé avec le peuple suisse et tout ceux qui y habitent.
Nicolas SchaffnerAu plaisir de vous relire !
Nicolas Schaffner
Vous êtes l’un des rares opposants à l’initiative à avoir compris les motifs des “pour” et des “contre” et à montrer un chemin réaliste et humain de traiter le problème. Merci !
Stéphane GonzalezFélicitation pour votre analyse lucide et claire.
Marc FrühAvec vos capacités de réflexions, votre clairvoyance et l’intelligence des mots , qu’envisagez vous concrètement sur le terrain, pour les chrétiens d’Egypte? L’eglise suisse doit-elle ignorer et se taire lorsque des frères sont assassinés à la sortie du lieu de culte? L’accusation est-elle réelle ou est-elle inventée de toute pièce? Je rappelle qu’en 2008, 7 mariages forcés ( filles coptes à des hommes musulmans) ont eut lieu dans cette même région de la haute Égypte!
Au plaisir de vous lire
Marc Früh
effectivement, c’est pas une mauvaise analyse, mais à part dire que tout le monde avait raison et tord à la foi et légitimer le scrutin tout en s’inscrivant en faux, et par là “planer au dessus de la mêlée”, je ne vois pas ce que ça apporte au débat lui-même. Il faut “dialoguer”, très bien : tout le monde le dit ! Mais à l’échelon des populations il y aura toujours des opinions inconciliables d’une part …et les urnes d’autre part.
Je ne dis pas que c’est le meilleurs système, seulement le moins pire. Une dictature de la majorité est moins pire, en terme d’équilibre (je tiens à le préciser), que l’érection d’une valeur majoritaire au profit d’une minorité uniquement.
Les amis, de deux choses l’une : ou le scrutin à raison ou nous disons quelque chose qui reviens à prétendre qu’une dictature éclairée serait préférable au jeu démocratique qui, lui (et pour l’instant lui seul) permet ce débat à large échelle sur le choc des civilisations.
A ce titre le cas Suisse et son héritage chrétien (de démocratie directe, alliance de républiques…) est jusqu’ici le seul système qui ai permis de manifesté que ce débat était épineux (et permis à nos voisins français de le remarqué!)… Afficher davantage
Donc, a vrai dire, c’est ce qui s’est passé dans l’anonymat du scrutin qui est l’expression de la liberté. Il est garant non seulement des équilibre “majorité-minorité”, (contrairement au système français) mais aussi de la liberté de conscience contre un discours monolithique de la classe politique et journalistique plaidant une tolérance flasque, parfaitement déliée de l’amour du prochain dont elle est pourtant l’héritière.
Dès lors, j’invite le chrétien non pas à se faire l’écho de cette pensée dominante mais plutôt de l’inséré courageusement dans sa racine historique (minoritaire) : le Christ, son église !
C’est à croire qu’on préfère avoir “plein de religions” et être capable de “discuter ensemble” plutôt que d’affirmer l’universalité du message de Christ et voir des gens se convertir, malgré peut-être, le prix à payer !
Effectivement cette église là ne sert plus à rien sinon à “faire alliance avec le trône” (Cf. Acab-Jezabel) et faire glisser les fidèles dans un eucuménisme apostat qui ne raliera finalement aucun des fidèles ni de l’Islam ni de la chrétienté laissant ainsi les plein pouvoir au main d’une laïcité liberticide cautionnée par un clergé religieux veule (tant du côté chrétien que musulman), sans foi à transmettre, ce qui laissera finalement la place à tout les intégrismes et tout les équilibres instables tel que les connaissent, précisément les pays musulman ou un leadership complaisant à l’égard des valeurs de “l’autre” leur ont fait perdre tout crédit à l’égard des fidèles qui, faut-il le rappeler, sont musulman avant d’être citoyen et obéissant à leur compréhension de la volonté de Dieu avant d’être respectueux du droit.
Leur faible résignation devant le vote populaire, de même que le sentiment d’injustice ressenti face à cette “brimade” en est la preuve patente : la revendication n’est pas le minaret ni la liberté religieuse mais l’Islam ; ceci incluant notamment tout ce qu’il a d’expansionniste !!! (sinon pourquoi CE débat sur notre sol ?)
Ce qu’on appelle à tord le vote de la peur était peut-être aussi le vote du courage : réaffirmant par là une liberté religieuse, celle de choisir son obédience et de freiner certaines prétention, au risque de l’opprobre internationnal et A CAUSE de son héritage chrétien !
(le pays deviendrait-il plus prophétique que l’église?)
L’occident à de la merde dans les yeux, personne ou presque n’a lu le Coran lui-même, personne dans l’église ne s’intéresse au double discours des autorités de l’Islam, le jihad, le droit au mensonge… l’Eglise voudra-elle ou non sortir de sa cécité spirituelle et rendre la vue à ses congénères, c’est toute la question ?
N’oublions pas qu’à la suite de Christ nous sommes voués à être une minorité prophétique, probablement mal aimée ; étant de ceux que la terre ne mérite pas nous devons garder notre rôle exclusif de rendre témoignage à la vérité et de servir de lumière pour conduire les peuples a glorifier Dieu pour Jésus; que ces peuple soient musulman intégriste, démocrate ou républicain, peu importe !
Contrairement à tout ce que j’entends de “politicien” dans l’Eglise, soyons premièrement “chrétien”!
A l’instar de Jésus notre royaume n’est pas de ce monde et notre position n’est pas le pouvoir mais au mieux l’influence. La question est plutôt de l’ordre du “savons-nous ce qu’on croit ?”
“sommes-nous sûr de notre foi ?”
“croyons-nous en notre propre message et son universalité ?”
“sommes-nous fier de notre “aïeul” ? ..si vous me passer l’expression !
“sommes-nous encore conquérant pour que les gens parviennent au salut ?”
“les aimons-nous assez pour cela ?”
“voulons-nous payer le prix ?”
Mon impression c’est qu’on attend patiemment le retour de Christ et que d’ici-là on plaide “paix et sécurité”, peut-être, pour le bien du plus grand nombre, mais aussi pour gardez nos fesses au chaud sans prendre de risques, même pas celui de déplaire !
Je m’adresse à vous en temps qu’autorité sur l’Eglise, “si le cor ne sonne un son distinct personne ne se lèvera pour le combat”
Votre discours n’est pas “chrétien”, il est politique. Bien entendu, il a de la place pour les hommes d’église en politique et, à ce titre, votre papier est bon et invite prophétiquement le législateur à être “sage” pour que règne la paix et l’ordre. Mais l’objectif pour le chrétien est autre : c’est afin qu’il vive en paix pour faire avancé le royaume de Dieu
Dans ce sens, ce texte n’est pas un “appel” au chrétien et c’est presque dommage de l’écrire “en temps que” théologien.
J’imagine qu’il est difficile, dans votre cas, de parler sans être pris pour le théologiens qui parle “au nom” du “peuple de Dieu”.
En effet, bien que l’analyse politique soit pertinente, je ne me reconnais pas du tout (et je penses parler au nom de nombreux chrétiens) dans “l’appel” à la modération et au consensus eucuménique que vous préconiser : c’est au magistrat de le faire, non à l’homme d’église !
Cet appel n’est pas “pour” le chrétien (dans sa spécificité) aussi vous exhorterai-je à la prudence lorsque vous parler en temps qu’autorité de l’Eglise !
D’autant plus que, sans l’Eglise-minoritaire, cette initiative n’aurait peut-être ni vu le jour, ni aboutit !
Meilleurs voeux
Merci.
Mes amitiés à Olivier ;o)
Alexandre Juvet
Alexandre JuvetA Monsieur Fruh :
le mariage forcé est strictement interdit en Islam ( ce qui n’était pas le cas dans le christianisme ), il ne faut pas confondre ce qui se passe dans pas mal de pays musulmans avec l’Islam, dans ces pays une bonne partie de la population souffre d’ignorance ce qui explique en partie leur interprétation machiste de la religion islamique empiétée par certaines traditions assimilées à tort à l’Islam
Dans un hadith, une jeune femme vint se plaindre au prophète Mohammed SAWS que son père l’avait marié malgré elle, le prophète SAWS lui donna alors le choix d’accepter ou refuser le mariage
Abu Burayda rapporte de son père qu’une fille vint se plaindre au prophète SAWS et lui dit « mon père m’a mariée avec mon neveu afin d’échapper à la misère par ce mariage, le prophète SAWS lui laissa alors le choix de sa propre décision, la fille réponda alors « j’ai entériné la décision de mon père mais je voulais en me plaignant, que les femmes sachent que nos pères n’ont aucune décision à prendre à notre place » (Sunan Ibn Maja, page 602-tome)
Selon Abu Hurayra, le prophète SAWS a dit : « le mariage de la veuve ne peut se conclure avant son consentement et la jeune femme ne peut etre mariée sans avoir exprimé son avis »
mimirSuite et fin de réponse à Monsieur Fruh : le droit accordé à la femme par l’Islam de solliciter ELLE-MEME l’homme qu’elle voudrait épouser :
Lisez svp cette histoire résultant de la biographie du prophète Mohammed saws pour comprendre ce droit :
Selon la biographie du prophète Mohammed saws : Grandement courtisée à La Mecque pour sa richesse, Khadidja qui était alors l’un des commerçants les plus fortunés de La Mecque, engagea le prophète Mohammed saws en lui demandant d’acheminer des marchandises lui appartenant et d’aller les vendre en Syrie, c’est ainsi qu’elle avait été encore plus attirée par la droiture, la noblesse et la personnalité du caractère du prophète Mohammed saws.
Khadidja alors voulait épouser le prophète Mohammed saws, et ELLE LE SOLLICITA et ce à contre-courant des usages et par l’intermédiaire de son amie Nufayza, le prophète Mohammed saws indiqua alors qu’il était intéressé par cette proposition de mariage et c’est ainsi que Khadidja L’INVITA ET LUI FIT UNE PROPOSITION DE MARIAGE qu’il accepta.
Le fait que Khadidja a sollicité et a invité le prophète Mohammed saws pour une demande au mariage démontre qu’il y a islamiquement rien de problématique pour une femme de demander un homme au mariage. Il n’est pas nécessaire que l’homme soit à l’origine de la demande tant que la femme n’est pas emportée par ses impulsions et n’est pas en danger d’etre trahie par de fausses apparences.
La femme peut très bien demander directement la main à un homme : il suffit de lire ce verset qui le confirme : “………ainsi que toute femme faisant don de sa personne au prophète saws pourvu que le prophète saws consente à se marier avec elle : c’est là un privilège pour toi à l’exception des autres croyants…..” ( sourate 33 - verset 50 )
Anas Ibn Malik, qui était au service du prophète saws, parla un jour à sa fille d’une femme qui se propose au prophète saws, sa fille déclara “c’est une femme qui manque de pudeur ( pour le fait qu’elle ait demander la main à un homme ), Anas lui répondit alors “Elle est meilleure que toi. L’Envoyé de Dieu saws lui a plu et elle s’est proposée à lui”
Il y a aussi le premier calife abbasside Abu Al Abbas As Saffah qui a été demandé en mariage par sa femme Umm Salmah.
De plus, le Coran permet à l’homme aussi de demander directement en mariage une femme, ce qui prouve là aussi que la femme a son mot à dire : “Et on vous ne rapprochera pas de faire , aux femmes, allusion à une proposition de mariage ou d’en garder secrète l’intention. Allah sait que vous allez songer à ces femmes. Mais ne leur promettez rien secrètement sauf à leur dire des paroles convenables. ……….” ( sourate 2 - verset 235 ) Ici, dans ce verset, il s’agit en fait de la femme qui a perdu son mari dans un décès.
mimirMerci Alexandre Juvet, je suis tout à fait d’accord avec vous.
carla maria orueJe pense que ceux qui nous gouvernent on peur des represailles et des possibles ménaces des extremistes et pour finir ils veulent que les enfants de la maison jouent le rol du politiquement correcte.On ne poura pas dire chez nous ce que, legitimement, nous voulons dire, ni ce que nous pensons. Maintenant on va nous couper les ailes en éliminant la possibilité des iniciatives. Cela nous habituéra à la future dictature qui, finira par la force des choses, à s’instaler chez nous car si nous aïyeux ont su deffendre le pays des invaiseurs, toutes ces “lois des droits des autres”, chez nous, ont poussé aux descendants des nos aïyeux à s’entrainer à fermer la bouche donc, on à réussi à nous clouer le bec avec tout ce tapis rouge deplié pour les minorités.
En ce qui me concerne, je ne veux pas qu’on me reveille, à 5 heures du matin, en criant à tue tête tous les jours qui me resteront à vivre. Nos églises sonnent les cloches vers les 9h du matin, chose qe je trouve penible pour ceux qui vroudraient dormir. Mais on est chez nous quand même.
Je pense aussi, que tous ces discours, à tambour battant, à faveur des minorités irritent une bonne partie de la mayorité, d’où le resultat de l’iniciative. Je ne vois pas pourquoi on doit se faire traiter de moins que rien par le simple fait de dire non à un “clocher islamique” quand ils ont leurs lieux de prières. Et croyez-moi je pense qu’ils sont bien lotis, car tous les italiens, les espagnols et les portugais, à l’époque, ont instalé leur lieu de culte bien modestement. Mais il y a une difference: entre les chretiens d’un bord et de l’autre, les discussions étaient sur les dogmes et pour finir on a appris à ne plus parler de choses qui fâchent, (comme dans les vieux couples) et catholique et protestants on fini par bien s’entendre. Mais pour “certaienes nouvelles tendances” le problème risque d’être ou bien tu te convertis ou bien on te coupe en rondelles sans le moindre ménagement.
Rapplez vous de ce que vient de dire Kadafi en Italie. Il veut pour nous “le meilleur” et c’est que nous soyons tous de son bord, même par la force. Il le dit chez nous. Et s’il le dit si ouvertement est qu’il a les épaules couvertes. Est-ce qu’il n’a qu’a sonner la trompette pour commencer l’invasion quand il l’ordonnera? Est-ce que quelqu’un osera lui dire qu’il ne respecte pas la liberté de croyance de ses hôtes. Mais non! jamais de la vie. Ce n’est pas correcte et il risque de fermer le robinet. Un, de, trois, robinet coule!
Je pense que si ce Monsieur veut le meilleur pour nous, nous, en bons chretiens, nous voulons aussi le meilleur pour lui donc on va prier pour sa conversion au christianisme…. Car… priez pour vos ennemis c’est quelque chose de bon marché et d’assez utile car il faut le croire…. si Jésus l’a demandé C’est que cela doit marcher. Amen
Voici des témoignages intéressants d’intellectuels, dont des intellectuels non-musulmans sérieux, attestant que l’Islam ne s’est pas répandu par l’épée et, qu’Il est, avec le prophète Mohammed saws, synonyme de tolérance :
« L’essor de l’Islam constitue peut-être l’événement le plus étonnant de l’histoire de l’humanité. Surgissant d’une terre et d’un peuple négligés, L’Islam c’est répandu en un siècle, à travers toute la planète, ébranlant de grands empires, renversant des religions établies de longue date, reforgeant l’âme des races et construisant un monde totalement nouveau, un monde islamique. Plus on examine ce développement de près, plus il nous semble extraordinaire. Les autres grandes religions ont fait leur chemin lentement, en luttant péniblement et ont finalement triomphé grâce à l’aide de monarques puissants convertis à la nouvelle Foi. Le Christianisme avait son Constantin, le Bouddhisme son Asoka et le Zoroastrisme son Cyrus, prêtant chacun au culte de son choix la force d’une autorité séculière. Ce n’est pas le cas de l’Islam. Émergeant d’une terre désertique habitée par une race nomade qui ne s’était jamais fait remarquer auparavant dans les annales de l’humanité, l’Islam s’est lancé dans sa grande aventure faiblement soutenu par les hommes et allant à l’encontre de forces matérielles terribles. Et pourtant l’Islam a triomphé avec une facilité apparente et deux générations ont vu le Fier Croissant porté en triomphe des Pyrénées à l’Himalaya et du désert d’Asie Centrale aux déserts d’Afrique Centrale » Bagum Bawani Waqf - « Islam : The Religion Of All Prophets », p.56 - A.M.L. Stoddard - Karachi
« L’Islam est un malentendu. Lorsqu’il se fait entendre, les oreilles et les esprits brouillent ses paroles et ne retiennent que les contradictions. Tout devient trouble : on confond religion et civilisation, travailleurs immigrés et politique de l’or noir. Depuis des siècles, Musulmans, Chrétiens et Juifs guerroient. Ils le font pour des oppositions « viscéralement religieuses », ignorant tout des sources et des vrais chemins de chacune de ces religions. Avec le temps, les malentendus sont devenus des préjugés solides envahissant l’histoire et les consciences. Dans les récits, fables et conversations, le cimeterre des contes d’Orient devient le sceptre de Mahomet et l’on finit par croire que l’Islam fut fondé sur le sang et la fureur… Alors qu’il n’en est rien. Sait-on que Mahomet voulut se rapprocher des Juifs, que les Croisés occidentaux furent plus séduits que réduits ? Sait-on que Chrétiens et Musulmans qui depuis treize siècles se heurtent pour se dominer et se neutraliser ont en commun un certain Jésus et que le porche de la Grande Porte de la mosquée de Fatett-pur Sikri, au sud de Dehli, porte l’inscription : Jésus (la paix soit sur lui) a dit « Le monde est un pont passé sur lui mais n’y établit pas ta demeure. Tout cela, et bien d’autres choses encore sont ignorés… » Guillemette De Sairigné - « L’Islamisme », p.7 - Ed. Seghers - 1977
« Le prophète ( Mohammed saws ) avait établi un document qui stipulait entre autres : les Juifs et les Chrétiens seront protégés de toutes insultes ou vexations, ils auront les mêmes droits que les Musulmans à notre protection et services, en plus, ils pratiqueront leur religion aussi librement que les musulmans » Huston Smith, chercheur en religions - « The World’s Religions », p.256 - Ed. Harper Collins, 1991
« Il est dommage que l’Islam ait été stéréotypé comme la religion de l’épée. La réalité historique est que l’expansion de l’Islam est habituellement le fruit d’une persuasion et non d’une force militaire. De toute façon, l’Islam ne peut être forcé sur quiconque ; car si la shahada (la déclaration de foi) est forcée, il ne s’agit plus d’Islam » Ira Zepp - « A Muslim Primer », p. 134 - Wakefield Ed. - US - 1992
Témoignage du célèbre Gandhi, Mohandas Karamchand « Mahatma » Gandhi, politicien pacifiste, avocat, apôtre national et religieux de l’Inde, et adepte de la non-violence : « Je voulais mieux connaître la vie de celui qui aujourd’hui détient indiscutablement les cœurs de millions d’êtres humains. Je suis désormais plus que jamais convaincu que ce n’était pas l’épée qui créait une place pour l’Islam dans le cœur de ceux qui cherchaient une direction à leur vie. C’était cette grande humilité, cet altruisme du prophète, l’égard scrupuleux envers ses engagements, sa dévotion intense à ses amis et adeptes, son intrépidité, son courage, sa confiance absolue en Dieu et en sa propre mission. Ces faits, et non l’épée, lui amenèrent tant de succès, et lui permirent de surmonter les problèmes » Extrait du journal « Young India », cité dans « The light » - Lahore, 16/09/1924
« Ni le sabre, ni même un quelconque prosélytisme, peuvent expliquer l’expansion continuelle de l’Islam à travers les siècles. Cette croissance phénoménale doit être attribuée à son pouvoir d’attraction, et à ses capacités à répondre aux besoins spirituels et matériels de peuples adhérant en masse non à une culture pourtant propre à ses fondateurs, des Arabes du désert, mais à une culture religieuse et à un développement socio-politique qu’ils ont évalués au moment de leur conversion » Dr Ceasar E. Farah, docteur d’histoire à l’Université du Minnesota aux Etats-Unis - « Islam », p.253 - Barron’s Ed. Series, Inc - Woodbury - New York, 1968
« Incidemment, ces faits bien établis contredisent et rejettent l’idée si largement propagée dans des écrits chrétiens, que les Musulmans, n’importe où ils allaient, forçaient les gens à accepter l’Islam à la pointe de l’épée » Lawrence E. Browne - « The Prospects of Islam » - Londres, 1944
« L’image du soldat musulman avançant avec une épée dans une main et le Coran dans l’autre est tout à fait fausse » Arthur Stanley Tritton, historien britannique - « Islam : Belief and Practices », p.21 - Londres, 1951
« L’histoire est claire sur ce point : la légende des Musulmans fanatiques s’abattant sur le monde, imposant l’Islam, à la pointe de l’épée, aux peuples vaincus est un des plus fantastiques et absurdes mythes que les historiens ont pu répéter » De Lacy Evans O’Leary, historien britannique - « Aux carrefours de l’Islam », p.28 ( Ed. originale : « Islam At The Crossroads », p.8 - Londres, 1923 )
« Mon problème pour écrire cette monographie est facilité du fait que nous ne sommes généralement plus alimentés par ce genre d’histoire (déformée, sur l’Islam), et il est inutile de réfuter ces déformations sur l’Islam. La théorie de l’Islam et l’Épée, par exemple, n’est plus soutenue maintenant dans un quelconque cercle d’historiens digne de ce nom. Le principe de l’Islam, “nulle contrainte en religion” (Coran 2:256), est bien connu » Koneru S. Ramakrishna Rao, philosophe - « Mohammed, le Prophète de l’Islam », p.21/22 - Ed. Alphabeta Paris, 1992 ( Ed. originale : « Muhammad, The Prophet of Islam » )
« A l’époque où la puissance abbasside s’écroule, la majorité de la population du Croissant fertile et de l’Egypte a adopté la langue arabe. En dehors de la péninsule arabique, l’Islam demeure en revanche minoritaire, sauf sans doute en Irak (où subsiste une forte proportion de Nestoriens). En haute Mésopotamie et en Syrie [passées sous administration musulmane au VIIème siècle], la population restera en grande partie chrétienne jusqu’au XIIIème siècle. En Egypte [également passée sous administration musulmane au VIIème siècle], l’Islam ne deviendra majoritaire qu’au XIème siècle. Pas plus que les Omeyyades, les Abbassides n’ont mené une politique de conversions » « Atlas des peuples d’Orient », p. 52
« Les Arabes réussirent en quelques siècles à transformer matériellement et intellectuellement l’Espagne, et à la placer à la tête de toutes les nations de l’Europe. Mais la transformation ne fut pas seulement matérielle et intellectuelle, elle fut également morale. Ils apprirent, ou au moins essayèrent d’apprendre aux peuples chrétiens, la plus précieuse des qualités humaines : la tolérance. Leur douceur à l’égard de la population conquise était telle qu’ils avaient permis à ses évêques de tenir des conciles : ceux de Séville en 782 et de Cordoue en 852 peuvent être cités comme exemples. Les nombreuses églises chrétiennes construites sous la domination arabe sont également des preuves du respect avec lequel ils traitaient les cultes placés sous leur loi. Beaucoup de Chrétiens s’étaient convertis à l’islamisme, mais ils n’avaient que bien peu d’intérêts à le faire, car les Chrétiens vivant sous la domination arabe et nommés pour cette raison Mozarabes étaient traités, de même du reste que les Juifs, sur le même pied que les Musulmans, et pouvaient comme eux aspirer à toutes les charges de l’État. L’Espagne arabe étant le seul pays de l’Europe où les Juifs étaient protégés, ces derniers avaient fini par y devenir très nombreux. À leur grande tolérance, les Arabes d’Espagne joignaient des mœurs très chevaleresques. Ces lois de la chevalerie : respecter les faibles, être généreux envers les vaincus, tenir religieusement sa parole, etc., [….] » Gustave Le Bon, anthropologue français - « La Civilisation des Arabes » - 1884
« Jamais un homme ne se proposa, volontairement ou involontairement, un but plus sublime, puisque ce but était surhumain: Saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l’idolâtrie… Jamais homme n’accomplit en moins de temps une si immense et durable révolution dans le monde… »
« Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne o Mahomet? Les plus fameux n’ont remués que des armes, des lois, des empires; ils n’ont fondé, quand ils ont fondés quelque chose, que des puissances matérielles, écroulées souvent avant eux.
Celui-là a remué les armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité; mais il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes. Il a fondé sur un Livre, dont chaque lettre est devenue une loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toutes les langues et de toutes les races, et il a imprimé, pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des faux dieux et la passion du Dieu un et immatériel…
Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels, d’un culte sans images, fondateurs de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet. A toutes les échelles où l’on mesure les grandeurs humaines, quel homme fut plus grand? »
« Il a fondé une nationalité spirituelle (…), la haine des faux dieux, et ma passion du Dieu un et immatériel. Ce patriotisme vengeur des profanations du ciel fut la vertu des enfants de Mahomet (les musulmans); la conquête du tiers de la terre à son dogme fut son miracle, ou plutôt ce ne fut pas le miracle d’un homme, ce fut celui de la raison? L’idée de l’unité de Dieu, proclamée dans la lassitude des théologies fabuleuses, avait en elle-même une telle vertu, qu’en faisant explosion sur ses lèvres elle incendia tous les vieux temples des idoles et alluma de ses lueurs un tiers du monde » Alphonse De Lamartine, historien, poète et homme politique français - « Histoire de la Turquie - 1er tome »
« La capacité de cet homme à supporter les persécutions pour ses croyances, la noblesse et la valeur des personnes qui ont cru en lui et l’ont désigné comme chef et la grandeur de ses réalisations démontrent la justesse et l’intégrité qui sont ancrées dans sa personnalité. Le fait de prétendre que Mahomet est un imposteur crée plus de problème qu’il n’en résout. En fait, aucune grande personnalité historique n’a reçu le mérite dont a bénéficié Mahomet » Montgomery
« Le monde a beaucoup besoin d’un homme de l’intellect de Mahomet, ce prophète qui a su donner à sa religion le respect et la majesté qui ont fait d’elle la plus forte des religions, à même d’englober tous les aspects civiques, et la plus éternelle d’entre elles. J’ai constaté que beaucoup de mes contemporains ont adopté cette religion et je pense qu’elle trouvera toute son ampleur dans ce continent (l’Europe).
Les hommes de foi du moyen âge, ignorants et bornés, ont érigé une image statique de la religion de Mahomet et le considéraient comme un ennemi du christianisme. Mais je me suis informé sur cet homme et j’ai constaté qu’il était prodigieusement extraordinaire. J’ai compris que loin d’être un ennemi du Christianisme, il peut être considéré comme le sauveur de l’humanité. A mon avis, s’il prenait en charge la situation du monde actuel, il serait parfaitement capable de résoudre les problèmes d’une manière à même d’assurer la paix et le bonheur tant recherché par les hommes » Bernard Shaw, essayiste irlandais - « The Genuine Islam » - 1936
« Il (l’Islam) a substitué l’homme au moine, il a apporté l’espoir à l’esclave, la fraternité à l’humanité et a ainsi dévoilé la quintessence de la nature humaine »
Canon Taylor - Conférence au « Church Congress » - Wolverhampton - 1887. Texte cité dans « The Preaching of Islam », p. 71-72 - Londres, 1913
« L’une des plus belles aspirations de l’Islam est la justice. En lisant le Coran, j’y ai rencontré une doctrine de vie dynamique, non une éthique mystique, mais une éthique apte à mener à bien la vie quotidienne et convenant au monde entier »
Sarajini Naidu - Conférence sur « The Ideals of Islam » - Texte cité dans « Speeches And Writings of Sarajini Naidy », p. 167 - Madras, 1918
« L’Islam a encore de nombreux services à rendre à l’humanité. Après tout, il est plus proche de l’Orient réel que ne l’est l’Europe et il possède une magnifique tradition de compréhension et de coopération inter-raciales. Aucune autre société n’a ainsi réussi à unir, en un même statut, un même objectif et un même effort, tant de races d’hommes différentes…
L’Islam a encore le pouvoir de réconcilier des éléments raciaux et de traditions apparemment irréconciliables. Si jamais il fallait remplacer l’opposition des grandes sociétés occidentales et orientales par la coopération, la médiation de l’Islam en serait une condition indispensable. Il détient la solution du problème auquel l’Europe est confrontée dans ses relations avec l’Orient. S’ils s’unissent, en rejetant cette coopération de l’Islam,…, alors la solution ne peut qu’être désastreuse pour les deux »
Hamilton Alexander Rosskeen, orientaliste écossais - « Whither Islam » p. 379 - Londres, 1932
« J’ai toujours eu haute estime pour la religion de Mohammad à cause de sa merveilleuse vitalité. C’est la seule religion qui me semble posséder cette capacité d’assimilation aux différentes étapes de l’existence. J’ai étudié cet homme merveilleux qui, à mon avis, est loin d’être un Antéchrist, et qui devrait être appelé le Sauveur de l’humanité. J’estime que si un homme comme lui devait exercer une hégémonie sur le monde moderne, il réussirait à résoudre ses problèmes de façon à lui apporter le bonheur et la paix. En parlant de la foi de Mohammad, j’ai prédit que cette dernière serait acceptée par l’Europe de demain comme elle est déjà acceptable par l’Europe d’aujourd’hui » Bernard Shaw, essayiste irlandais - « The Genuine Islam », Vol. 1, N° 8, - 1936
« La disparition du racisme, comme c’est le cas chez les musulmans, est l’une des réussites les plus marquantes de l’Islam et il y a dans le monde contemporain une urgente nécessité à propager cette vertu islamique… »
Arnold Joseph Toynbee, historien britannique - « Civilisation On Trial », p. 205 - New-York, 1948
« L’Islam est une religion essentiellement rationnelle dans la plus large acception étymologique et historique du terme. La définition du rationalisme en tant que système qui fonde les croyances religieuses sur les principes fournis par la raison lui est parfaitement applicable. Il est indéniable que bien des doctrines et des systèmes de théologie ainsi que de nombreuses superstitions, de la vénération des saints à l’utilisation de chapelets et d’amulettes, se sont greffées sur le tronc principal du credo musulman. Mais, malgré l’ampleur du développement , dans tous les sens du terme, des enseignements du Prophète, le Coran a invariablement maintenu sa place en tant que point de départ fondamental et le dogme de l’unicité de Dieu y a toujours été proclamé avec une grandeur, une majesté, une pureté inébranlables ainsi qu’avec une conviction assurée qu’il est difficile de retrouver en dehors de l’Islam. Cette fidélité au dogme fondamental de la religion, la simplicité élémentaire de la formule par laquelle il est énoncé, la preuve qu’il détient de la fervente conviction des hommes qui le propagent, sont autant de causes permettant d’expliquer le succès de la progression de l’Islam. Un credo si précis, si dénué de toute complexité théologique, et donc si accessible à la compréhension ordinaire, un merveilleux pouvoir pour se frayer un chemin dans la conscience des hommes »
mimirEdward Montet - « La propagande chrétienne et ses adversaires musulmans » - Paris, 1890. Texte cité dans « The Preaching Of Islam », p. 413-414 - Londres, 1913