FREE : « Suite du 29 novembre : pour Shafique Keshavjee, il faut parler en vérité des violences de l’islam… notamment ! »

Un article de Serge Carrel sur mon texte « Après le vote sur l’initiative anti-minarets » sur le site de la FREE :

(16.12.2009) Les prises de position à la suite de l’acceptation par le peuple suisse de l’initiative anti-minarets se multiplient. Celle de Shafique Keshavjee, professeur à la Faculté de théologie de Genève, est stimulante. Elle ne stigmatise ni les uns, ni les autres, mais invite à un dialogue serein sur les violences, et notamment celles de l’islam.

Pour Shafique Keshavjee, professeur à la Faculté de théologie protestante de Genève et spécialiste du dialogue interreligieux, il faut conduire, après la votation du 29 novembre, un « débat serein, sans généralisations et sans idéalisme ». Le 13 décembre, l’auteur du roman à succès « Le roi, le sage et le bouffon. Le grand tournoi des religions » a publié une prise de position en 2 volets en réaction à la votation du 29 novembre interdisant la construction de minarets en Suisse. Le premier texte invite tous les Suisses, qu’ils soient musulmans, chrétiens ou de toute autre conviction, à parler des violences de l’islam en vérité. L’autre prise de position répertorie « Les textes de l’islam qui demandent des explications » comme ceux qui justifient les violations de la liberté religieuse d’un non-musulman, les châtiments corporels ou la discrimination des femmes.

Chaque position a sa part de vérité ! La première prise de position intitulée « Après le vote sur l’initiative anti-minarets. De l’ébranlement à la reconstruction » constate le choc qu’a représenté pour toutes les parties en présence l’acceptation de l’initiative anti-minarets. Les initiants ont été surpris, les acteurs du monde politique, médiatique et religieux aussi, tout autant que les musulmans de Suisse. A chacun de ces groupes, Shafique Keshavjee adresse une parole en leur accordant une part de vérité dans la position qu’ils ont défendue. Il rassure tout d’abord la grande majorité des musulmans de Suisse qui vivent paisiblement l’islam, en leur disant que « ce vote ne s’adresse pas à eux », et que les Suisses veulent continuer à construire avec eux un pays ouvert et respectueux des valeurs fondamentales qu’on lui connaît. Aux partisans de l’initiative anti-minarets, Shafique Keshavjee concède qu’ils ont eu raison de réaffirmer certaines valeurs non négociables, face notamment à une « forme d’islam agressif, pouvant subvertir les valeurs fondamentales de la Constitution ». Enfin le professeur de théologie de Genève relève que les partisans du non à cette initiative ont eu raison de s’y opposer pour éviter les stigmatisations et les généralisations dangereuses à l’endroit d’une partie de la population.

Des carences dans chacune des positions ! Mais à chacun de ces groupes, Shafique Keshavjee rappelle que leur position souffre de carences. Aux musulmans de Suisse, il rappelle que certains de leurs textes fondateurs contredisent plusieurs des valeurs auxquelles les citoyens helvétiques sont très attachés : « La liberté de croire, de ne plus croire, de ne pas croire et de croire autrement ; l’égalité pleine entre l’homme et la femme… l’attachement à la démocratie… la non-domination d’un groupe sur un autre… » A ce propos, les musulmans de Suisse doivent rassurer leurs compatriotes et dire comment ils interprètent certains textes du Coran et de la Sunnah en lien avec la Constitution helvétique. Le spécialiste du dialogue interreligieux invite aussi les vainqueurs de la votation à ne pas opérer d’amalgame entre musulmans modérés et les adeptes d’un islam conquérant, et d’éviter de tomber dans une « xénophobie primaire ». Aux opposants à l’initiative, Shafique Keshavjee demande de quitter une certaine « naïveté » et des « bons sentiments » pour prendre conscience qu’en islam certains promeuvent des valeurs auxquelles les Suisses sont opposés.

Toutes les violences doivent être débattues ! Ce premier texte se termine par une invitation à dépasser le choc qu’a entraîné l’acceptation de cette initiative et à envisager un débat serein sur toutes les violences. Sur celles qu’a pu entraîner l’adoption de cette initiative auprès d’une minorité qui pourrait se sentir discriminée, tout comme sur celles que peut véhiculer l’islam, dans ses textes fondateurs et dans la mise en oeuvre de ceux-ci aujourd’hui. Ces violences sont présentées en 8 points dans le second document de cette prise de position publique.

Serge Carrel

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